Le candidat à l'élection présidentielle et chef du parti Renaissance, Gabriel Attal, a été la cible d'une campagne de désinformation numérique. L'opération a été détectée et attribuée avec un « haut degré de confiance » au réseau pro-russe Matriochka par Viginum, l'agence française chargée de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères.
Cette attaque informationnelle contre Gabriel Attal représente la troisième ingérence numérique attribuée à des réseaux pro-russes visant des candidats à la présidentielle en l'espace de quelques jours. Édouard Philippe, à la tête du parti Horizons, ainsi que le candidat de gauche Raphaël Glucksmann, ont également été visés par des opérations de déstabilisation en ligne provenant de Russie, attribuées au groupe Storm-1516.
Les faux contenus diffusés sur le réseau social X ont usurpé l'identité visuelle de plusieurs médias français, parmi lesquels RFI, BFM, Le Parisien, Ouest France, Libération, France 24 et l'AFP. Ces publications mensongères affirmaient à tort que Gabriel Attal présentait des signes de la maladie de Parkinson ou qu'il défendait des mesures plus favorables aux squatters de logements vides.
L'entourage de Gabriel Attal a qualifié cette campagne d'une violence et d'un niveau de manipulation inouïs. Selon ses proches, cette offensive est liée à sa détermination face aux ingérences russes, à son engagement envers l'Ukraine, à son rôle de président du groupe d'amitié France-Ukraine, ainsi qu'à son statut de candidat à l'élection présidentielle.
Le réseau Matriochka, actif depuis l'année 2023, coordonne la diffusion de faux contenus sur les réseaux sociaux et avait déjà ciblé les Jeux Olympiques de 2024 par le passé. L'opération dirigée contre Gabriel Attal est toutefois restée confidentielle, ne cumulant que quelques milliers de vues.
Face à ces menaces, Sébastien Lecornu, a averti le 8 juillet d'un risque « très aigu » d'ingérences étrangères lors des prochains scrutins français, notamment l'élection présidentielle de 2027 et les élections régionales et départementales de 2028. Pour y répondre, le gouvernement français a présenté fin juillet un projet de loi visant à lutter contre les ingérences étrangères, prévoyant un durcissement des sanctions en cas de diffusion de fausses informations en contexte électoral.