Le campement du Samu social, situé dans le 13e arrondissement de Paris, a été évacué un jeudi matin suite à un ordre préfectoral. La préfecture de police de Paris a ordonné l'évacuation du site qui était occupé par des employés en grève et 400 personnes.

L'occupation du site, qui dure depuis environ deux mois, a débuté le 15 juillet avec le soutien d'employés grévistes et la mobilisation de nombreuses familles de migrants sans abri.

La préfecture de police de Paris et la préfecture de la région Île-de-France ont publié un communiqué conjoint ce mercredi 12 août concernant cette évacuation. Les occupants ont été informés de la décision d'évacuation le mardi soir et devaient quitter les lieux sous 24 heures.

Motifs de l'évacuation et situation sur place

La préfecture de police de Paris a déclaré que l'occupation modifiait considérablement le fonctionnement quotidien du Samu social. Les autorités ont également souligné des conditions d'hygiène et de sécurité préoccupantes sur le site, ainsi que des risques d'accidents pour les enfants en raison d'un trafic routier particulièrement dense. Le site présentait un accès insuffisant à l'eau et aux toilettes.

150 personnes

Nombre de mineurs et de femmes enceintes parmi les occupants, selon la préfecture de police de Paris.

Selon les rapports de la préfecture de police de Paris, parmi les 400 occupants du site se trouvaient 150 mineurs et des femmes enceintes. Le nombre de personnes présentes au campement du Samu social a atteint jusqu'à 450 sans-abri, incluant de nombreuses familles.

La préfecture a précisé que les objets laissés sur le site seraient considérés comme abandonnés et détruits. En marge de l'opération, 52 personnes ont reçu une proposition de logement via le Service Intégré d'Accueil et d'Orientation (SIAO). Par ailleurs, 62 adultes et enfants vulnérables ont été placés en hébergement ce matin-là, dont 55 en Île-de-France et 7 dans des centres régionaux.

Réactions des associations et des syndicats

Pauline Agazzi, représentante d'Utopia 56 à Paris, a rapporté que de nombreuses familles terrifiées commençaient déjà à partir vers 6h15 du matin lors de l'évacuation. Elle a témoigné avoir entendu un jeune garçon dire: « Papa regarde y'a la police ». Elle a ajouté que ces familles avaient bénéficié d'un abri pendant un mois et qu'elles n'avaient désormais nulle part où aller.

L'association Utopia 56 a indiqué le mercredi 12 août que 300 nouvelles personnes logées sous le « Plan Grand Froid » avaient commencé à recevoir des SMS d'évacuation.

L'éducatrice du Samu social, Elena Sauterey, a affirmé que cette situation est la conséquence des coupes budgétaires dans le social. Elle a également rapporté que la police est entrée sur le site en bousculant les grévistes.

L'État applique une politique criminelle.
— Jordan Bernard, représentant CGT au Samu social

Le mouvement de grève avait été lancé par la CGT le 23 juin afin de protester contre l'éviction de trop nombreuses familles des logements d'urgence. Le Samu social a été contraint de refuser des hébergements d'urgence à des personnes prioritaires, telles que des femmes enceintes ou des personnes gravement malades, en raison du dépassement de son plafond de dépenses annuel.