L'Apig, qui regroupe près de 300 quotidiens français, a annoncé mardi 11 août avoir saisi l'Autorité de la concurrence au sujet des résumés générés par intelligence artificielle de Google.

Le géant américain a lancé en France, le 22 juillet, ses résumés écrits par IA (AI Overviews), accompagnés d'un mode conversationnel permettant de dialoguer avec le moteur de recherche. Les liens de résultats classiques sont désormais listés sous ces deux fonctions. Ces outils avaient été déployés dans de nombreux pays en 2024 et 2025 avant d'arriver en France.

Il y avait des blocages de régulation qui étaient là, qu'on pense avoir levés.
— Sébastien Missoffe, directeur général de Google en France, fin juillet

Les médias français craignent que ces résumés ne réduisent leur audience en ligne, alors que le secteur connaît déjà une baisse de ses revenus et que plusieurs groupes ont annoncé des suppressions de postes.

33 à 38 % de perte de trafic

Estimation de l'Arcom sur les marchés européens où ces services sont déployés, citée par l'Apig.

Selon l'Apig, l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique en France, estime la perte de trafic attribuable aux résumés générés par IA entre 33 % et 38 % sur les marchés européens concernés. « Les éditeurs ont été mis devant le fait accompli », déplore l'association.

Le lancement d'AI Overviews et du mode IA « est intervenu avant l'ouverture d'une négociation transparente et de bonne foi, sur la base d'une simple proposition d'actualisation du contrat de licence existant et avec pour seule alternative un retrait technique entraînant une perte de visibilité », explique l'Apig.

L'Apig demande à l'Autorité d'intervenir « pour demander le respect par Google des engagements pris en 2022 », affirmant que « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée, méconnaît ces engagements ».

L'information a une valeur considérable. Les éditeurs ne demandent pas d'arrêter l'innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l'utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l'exige.
— Marc Feuillée, président de l'Alliance et PDG du groupe Figaro

Cette saisine « ne ferme nullement la voie à la négociation », précise l'Apig. En France, Google avait conclu en 2022 des accords avec 450 éditeurs de presse au titre des droits voisins, permettant de rémunérer les journaux, magazines et agences de presse lorsque leur contenu est utilisé par les géants du numérique. En mars 2024, l'Autorité de la concurrence avait infligé à Google une amende de 250 millions d'euros pour n'avoir pas respecté certains engagements pris lors de ces accords.