Le coût du service de la dette publique française est devenu le principal poste de dépenses du budget de l'État, surpassant les montants alloués à l'Éducation nationale.
Au cours du premier semestre 2026, les frais liés au service de la dette de l'État français se sont élevés à 34,5 milliards d'euros. Ce montant représente une augmentation de 18,3 % par rapport à la période de juin 2025 à juin 2026, où les frais étaient de 29,2 milliards d'euros.
Coût prévu pour le service de la dette publique totale en 2026
Cette hausse est liée à l'augmentation des taux d'intérêt, influencés par l'inflation causée par la guerre au Moyen-Orient. Le conflit a notamment entraîné une hausse des coûts d'importation de l'énergie, tels que le pétrole et le gaz.
Le gouvernement français prévoit de dépenser 64 milliards d'euros en 2026 pour assurer le service de sa dette publique totale, s'élevant à 3,5 trillions d'euros. L'État s'endette actuellement à un taux d'intérêt de 4 % sur dix ans, un niveau supérieur au taux hypothécaire moyen de 3 % pour les ménages. La France n'avait pas supporté des taux d'intérêt aussi élevés sur sa dette depuis la crise financière de 2009.
Déficit public et objectifs budgétaires
Le déficit budgétaire du gouvernement français pour le premier semestre 2026 s'est établi à 106,8 milliards d'euros, soit une augmentation de 6,4 milliards d'euros par rapport à la même période en 2025. Une autre estimation indique que le déficit de l'État pour ce premier semestre a atteint près de 110 milliards d'euros, soit 5 milliards d'euros de plus qu'en 2025, sans inclure la sécurité sociale.
L'objectif du gouvernement est de limiter le déficit public — incluant l'État, la sécurité sociale et les administrations locales — à 5 % du PIB en 2026, contre 5,1 % en 2025. La France présentait le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique qui affiche 5,2 %.
Il n'est pas très optimiste.
Début juillet 2026, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a reconnu qu'atteindre l'objectif de 5 % de déficit semblait peu probable. Par ailleurs, les marchés financiers exigent une prime de risque plus élevée de la part de la France en raison de l'incertitude entourant les plans de dépenses publiques pour 2027.
Dépenses et revenus de l'État
Les dépenses totales de l'État pour le premier semestre 2026 se sont montées à 240,5 milliards d'euros, contre 228,1 milliards d'euros sur la même période en 2025, soit une hausse de 12,4 milliards d'euros. Ces chiffres excluent les remboursements et dégrèvements fiscaux de l'État.
Les recettes de l'État ont atteint 184,6 milliards d'euros au premier semestre 2026, contre 177,9 milliards d'euros durant la même période en 2025. Ces recettes sont calculées après déduction des remboursements et dégrèvements fiscaux.